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Thamourth, Algérie, cuisine traditionnelle, culture

Extraction d'huile d'olives, entre hier et aujourd'hui

 

En Algérie, les superficies plantées en oliviers ne cessent d'augmenter et le nombre d'huileries suit de très près. Après avoir consacré un article à la plantation des oliviers et à leur entretien, un autre à la cueillette des olives, aujourd'hui il sera question du broyage pour extraction d'huile, phase qui achève la campagne oléicole chaque année. 

Dans la majorité des cas, les olives récoltées servent surtout à la production d'huile ; une partie moins importante subit un traitement de conservation pour les besoins de consommation à table. On distingue la conserve industrielle réalisée en usine pour la commercialisation et la conservation domestique faite à la maison pour les besoins familiaux.

 A l'instar de la cueillette, avant leur transfert vers l'unité de broyage, le chef de famille s'assure que les olives ramenées à la maison ne contiennent pas de feuillage ; celui-ci donne un arrière goût amère et un taux d'acidité élevé ; ce qui affecte négativement la qualité d'huile produite.

 Il met les olives dans des sacs bien fermés et réunit le nombre de récipients nécessaires pour ramener la récolte d'huile escomptée après broyage et raffinage. Puis, il détermine le moyen de transport approprié et l'unité de pressage en tenant compte des coûts et de la qualité de services. Il recherchera les moindres prix tout en étant exigeant sur les plans qualité de services, propreté des lieux de pressage, rendement par quintal et qualité d'huile extraite.

 Ce travail méticuleux est très important aux yeux du propriétaire d'olives car il y va du sort de sa récolte oléicole dont il attend des fruits appréciables qui lui permettront de couvrir ses besoins de consommation en huile pour toute l'année et de commercialiser l'excédent afin de se procurer les moyens financiers nécessaires à l'entretien de ses oliviers et,  éventuellement, en planter d'autres afin d'augmenter ses capacités de production.

 Ces précautions rapidement prises, les olives sont alors acheminées vers l'unité de pressage en respectant le rendez-vous pris. Le chef de famille supervise lui-même l'opération de transport et souvent, il accompagne ses olives, assiste au broyage et attend jusqu'à ce qu'il revienne chez lui avec la récolte d'huile. Il est parfois accompagné pas certains de ses enfants ou de ses petits enfants curieux de savoir comment se fait le pressage des olives et le raffinage de l'huile.

 Il est important de savoir que les unités de pressage sont variées en termes de matériels utilisés, de procédés, de capacités de raffinage, de qualité de services et d'huile produite, de prix pratiqués et de rendement par quintal. Dans ce texte, ne seront évoqués que les aspects importants à connaître par les lecteurs.

 On peut distinguer notamment :

-         le procédé traditionnel,

-         le procédé semi traditionnel,

-         le procédé moderne.

 Le procédé traditionnel a pratiquement disparu et le semi traditionnel perd beaucoup de terrain au profit des techniques modernes qui tendent à se généraliser à travers toute l'Algérie. La multiplication des unités modernes de pressage, la qualité de leurs services et la propreté des lieux sont autant de facteurs qui attirent le plus les clients producteurs d'olives.

 Le procédé traditionnel de pressage et d'extraction d'huile utilise des techniques archaïques très largement dépassées. On retrouve notamment plusieurs parties qui seront brièvement présentées ci-dessous.

 Il y a une grande roue en pierre, taillée spécialement pour écraser les olives ; elle dispose d'un grand trou au milieu, dans lequel est placée une barre en bois ou en fer servant à la faire tourner à l'aide d'un cheval ou d'un mulet. Cette roue est taillée sur les lieux de la carrière sur commande du propriétaire de l'unité de pressage. Elle est transportée vers sa destination finale grâce à la mobilisation de plusieurs personnes bénévoles et dont certaines d'entre elles sont expérimentées en la matière pour avoir participé à plusieurs opérations de ce genre.

 Arrivée à destination, la grande roue est placée au fond d'un bac circulaire ; elle  tourne sur elle-même et écrase les olives sur son passage.

 Il y a aussi une presse manuelle composée de deux plateaux et une tige filetée en forme de vis. Le premier plateau est fixé à l'intérieur d'un petit bac qui recueille l'huile brute extraite sous l'effet de pression. Au milieu est fixée une tige filetée qui permet de disposer les sacs circulaires contenant la pâte d'olives écrasées. Le second plateau est placé sur les sacs circulaires. La presse est actionnée manuellement à l'aide d'une tige en bois ou en fer. D'autres types de presses existaient.

 On y trouve également une chaudière artisanale servant à chauffer l'eau utilisée pour le raffinage de l'huile et des récipients pour le stockage de cette dernière.

 L'ensemble de ces accessoires est disposé à l'intérieur d'un local peu spacieux ; la capacité de production est également très réduite. C'est peu être une des raisons qui font que le nombre d'unités de pressage était important pour traiter toutes les olives récoltées.

 Le pressage des olives dans une huilerie traditionnelle est un travail difficile et pénible eut égard aux moyens utilisés ; mais, pour ceux qui n'ont jamais vu ça, il est agréable à découvrir pour la première fois.

 Par manque d'espace à l'intérieur, les olives sont entreposées dehors et parterre sur des tapis de feuillage d'une plante appelée "dis" en arabe. Les clients attendent chacun son tour pour faire presser ses olives ; ça peut aller jusqu'au mois de mars.

 Pendant ce temps d'attente, les olives entreposées dehors sous la pluie et la neige se lavent bien et dégagent une partie de la margine, liquide de couleur marron.

 Généralement le pressage des olives commence juste après le démarrage de la campagne oléicole. Les unités de traitement des olives ouvrent leurs portes et préparent tous les accessoires en procédant à leur nettoyage et vérification ; rien n'est laissé au hasard afin d'éviter toute surprise désagréable par la suite.

 L'opération de pressage se fait manuellement du début jusqu'à la fin. Souvent, c'est le propriétaire de l'unité de pressage traditionnelle et ses enfants et ses frères qui la font fonctionner. Ils sont rémunérés en nature en prélevant un dixième de la récolte d'huile obtenue.    

 La part d'huile revenant au propriétaire de l'unité de pressage lui permet de satisfaire ses besoins de consommation familiale en huile d'olives et le reste est commercialisé ou échangé avec d'autres produits vivriers tels que blé, orge, figues, dattes, etc.

 Pratiquement, comment se font les opérations de pressage des olives et de raffinage d'huile ? Le procédé traditionnel est simple et très lent. Les olives sont versées dans  le bac  où se trouve la grande roue en pierre ; sa capacité maximale ne dépasse guère cent cinquante kilogrammes. Puis, à l'aide d'un âne ou d'un mulet, la grande roue est actionnée jusqu'à ce que les olives écrasées se transforment en pâte d'où commence à s'écouler une huile mélangée à de la margine.

 La pâte d'olives ainsi obtenue est alors mise dans des sacs circulaires à placer dans la presse. En pressant manuellement, l'huile se sépare de la pâte, s'écoule vers le bas du bac à travers les mailles des sacs circulaires. Puis, les sacs sont retirés et vidés des grignons, résidus solides émanant des écorces des noyaux d'olives écrasées. Ces déchets sont souvent laissés de côté pendant quelques jours avant de subir un second broyage et pression pour obtenir un supplément d'huile non négligeable.

 Par ailleurs, les grignons d'olives étaient en partie réutilisés par l'unité de pressage et de raffinage comme combustible ; certains clients faisaient de même pour se chauffer à la maison. Mais, dans le passé, ces grignons entraient dans la fabrication de savon à linge à Béjaia.

 Après extraction, l'huile brute est soumise au raffinage afin de la séparer de la margine d'olives. Le procédé est artisanal et consiste à mettre l'huile brute dans des contenants placés près de la chaudière. On laisse le liquide au chaud pendant quelques heures ; l'huile pure remonte à la surface, les résidus s'accumulent au fond. L'huile raffinée est récupérée et mise dans les récipients. Le reste est souvent rejeté dans la nature sans prendre soins de l'environnement.

 Avec le temps, des machines mécaniques sont introduites dans le procédé de pressage des olives et de raffinage d'huile. Cette évolution a donné naissance au procédé  appelé plus haut semi traditionnel et qui sera brièvement présenté ci-dessous.

 Avec le procédé semi traditionnel, la grande roue est actionnée à l'aide d'une courroie qui la relie à un moteur mécanique. Parfois, deux grandes roues placées côte à côte sont installées, ce qui permet une sensible augmentation de la capacité de production journalière. La presse est aussi actionnée mécaniquement. Ainsi, il n'est plus utile de procéder à une seconde opération de pressage pour extraire une quantité supplémentaire d'huile.

 Bien que le travail avec le procédé semi traditionnel est moins pénible et plus productif que le traditionnel, il demeure que le raffinage n'est pas parfait ; l'huile obtenue contient un faible pourcentage de margine d'olives. Ceci se voit quelques jours après avoir laissé l'huile dans un récipient transparent ; les résidus de couleur marron s'accumulent au fond.

 Ce procédé nécessite plus d'espace tant à l'intérieur qu'à l'extérieur pour le placement de tous les accessoires et leur fonctionnement au rythme permis par l'introduction de machines mécaniques.

 Cependant, le procédé moderne de pressage des olives et de raffinage d'huile est très différent des deux précédents qui viennent d'être présentés. Les huileries modernes sont de véritables usines qui fonctionnent avec des machines électriques automatisées ; elles utilisent peu de main d'œuvre, leurs capacités de production quotidienne est nettement plus importante et le raffinage d'huile est de meilleur qualité.

 C'est une chaîne de production avec plusieurs machines reliées les unes aux autres qui fonctionne en synchronisation parfaite. Les olives sont d'abord pesées pour déterminer leur poids total permettant éventuellement l'évaluation du prix à payer. Ensuite, elles sont versées dans un bac placé en sous sol.

 Une fois le bac est chargé d'olives, les machines sont actionnées. Les olives sont alors déplacées par petites quantités vers un souffleur à l'aide d'un tapis roulant. Elles subissent la première opération qui consiste à éjecter les feuilles d'oliviers avant qu'elles n'arrivent dans un bac plein d'eau chaude où elles sont lavées.

 Puis, à l'aide d'un tapis roulant, les olives lavées sont acheminées vers le broyeur en passant sous de petits jets d'eau chaude les rendant plus propres et prêtes au broyage. L'opération dure quelques minutes seulement, ensuite, la pâte liquide obtenue est transférée à travers des canaux vers les bacs de stockage provisoire avant de passer à la presse.

 Arrivée à la presse, la pâte d'olives subit l'opération de séparation de l'huile des restes composés de pulpe d'olives, de détritus de noyaux et de l'eau. L'huile brute obtenue passe dans une autre machine qui la raffine davantage avant qu'elle ne coule dans un récipient circulaire, prête à passer dans les récipients du client.

 En fin de parcours, l'huile est mesurée à l'aide d'une unité de mesure d'une capacité de cinq ou de dix litres. Souvent, cette opération se fait en présence du propriétaire de l'huile. Elle permet aussi de déterminer le prix à payer par le client, lorsque les services de l'unité sont rémunérés en fonction du nombre de litres récoltées.

 Les lieux et les instruments sont nettoyés quotidiennement à la fin de la journée. Le travail se fait de jour comme de nuit pour satisfaire tous les clients dans les délais et dans de bonnes conditions. Outre le bon accueil et le sourire, les clients ont droit à du pain ou de la galette avec de l'huile et, aux heures de repas, le patron ramène à manger à ses travailleurs et aux clients qui s'y trouvent en ce moment.

 Enfin, il est vrai que souvent on a la nostalgie des anciennes huileries mais, le procédé moderne a révolutionné le monde oléicole ; le traitement des olives est plus rapide, plus efficace et l'huile extraite est très demandée et appréciée par les consommateurs habitués. Cependant, les rejets de ces unités posent un sérieux problème écologique et de recyclage. Il est souhaitable que nos chercheurs s'intéressent et proposent procédés  utilisation des grignons comme matière première pour certaines industries, comme engrais pour terrains pauvres et comme aliment de bétail pour les éleveurs. Par ailleurs, les services de l'environnement devraient exiger la mise en place de bassins de décantation pour filtrer la margine avant de la déverser dans la nature, surveiller et rappeler à l'ordre les contrevenants.

 Auteur : Rachid Sebbah

La cueillette des olives

 

La cueillette des olives est une activité à la fois passionnante, difficile, pénible et pleine de risques ; elle mérite d'être relatée dans ses moindres détails. Les olives récoltées sont acheminées vers les unités de pressage et de raffinage où elles font l'objet d'un traitement pour l'extraction d'huile. 

Pour rappel, durant les deux dernières décennies, la plantation de l'olivier n'a pas cessé de s'étendre en Algérie et, par voie de conséquence, la production d'huile a suivi. Une bonne partie de cette huile est localement consommée surtout par les producteurs eux-mêmes et l'excédent est commercialisé afin de couvrir les frais induits par la maintenance des oliviers, la cueillette et le pressage.

Dans notre précédent article intitulé "la production d'huile d'olives en nette évolution", publié sur le site setif.info le 21 janvier 2013 (http://www.setif.info/article7463.html), les opérations de cueillette et de pressage sont brièvement relatées mais, vu l'importance qu'elles revêtent, il est jugé indispensable d'y revenir sur ces deux thèmes dans les moindres détails. 

Action qui s'effectue une fois par an, lorsque les olives sont mûres, la cueillette mobilise les efforts de tous les membres de la famille ; hommes, femmes, vieux et enfants, tous participent, chacun selon ses capacités, sa disponibilité et ses connaissances en la matière.

Dans le passé, le ramassage des olives se faisait à partir de la fin du mois de décembre de chaque année de sorte à obtenir de meilleurs rendements et une huile de qualité. De nos jours, il y a encore des régions où la cueillette ne commence qu'après le 25 décembre mais jamais avant. Cependant, il existe des localités où l'on préfère entamer l'opération un peu plus tôt, en novembre, voire même dès la fin du mois d'octobre, de sorte à éviter de travailler dans les champs d'oliviers en période de grandes gelées. Ceci se fait au détriment du rendement et de la qualité de l'huile produite. 

Pratiquement, bien avant le début de la campagne, le chef de famille prend des dispositions pour réunir toutes les conditions nécessaires à sa réussite. Il rend visite à ses oliviers pour nettoyer et débroussailler afin de faciliter le ramassage des olives lors de la cueillette. De plus, ça lui permet de savoir s'il y a beaucoup d'olives ou très peu, de sorte à évaluer les moyens à mettre en œuvre, le moment venu.

Outre l'entretien préalable des lieux, le chef de famille procède à la vérification des moyens matériels disponibles et utilisables lors de la cueillette ; en cas de manque, il prend les dispositions utiles pour y combler le vide constaté. Ces moyens sont simples et faciles à rassembler ; il s'agit surtout de gaules en bois, corbeilles ou bidons, filets ou bâches, sacs, scie, hache, corde, etc. Ces derniers aident beaucoup et permettent un travail rapide et sans grande difficulté. Le contraire est vrai ; le manque de moyens et leur vétusté sont souvent la cause directe d'une perte de temps. 

Le chef de famille, après estimation de la récolte d'olives, évalue les moyens humains à mettre en œuvre. Il fait en sorte que la cueillette se fasse dans les délais, c'est-à-dire avant que la gelée, la pluie et la neige ne s'intensifient et rendent les travaux dans les champs impossibles. Aussi, il se fait une idée de la main d'œuvre familiale disponible et en cas de besoin, du nombre d'ouvriers supplémentaire nécessaire. Il réfléchit et fait sa prospection auprès des ouvriers potentiels bien avant que la campagne ne commence, de sorte à éviter de se faire prendre au dépourvu.

La veille de l'ouverture de la campagne de la récolte des olives, le propriétaire informe tous les intervenants membres de sa famille et les ouvriers saisonniers retenus afin qu'ils se tiennent prêts pour le lendemain. Pour cela, il leur précise le lieu où ils vont commencer à travail, l'heure et le point de départ, les moyens de locomotion disponibles éventuellement, la tâche confiée à chaque participant, les moyens à prendre avec soi, etc. 

Des dispositions sont aussi prises afin d'assurer la restauration sur les lieux de travail durant toute la période de ramassage des olives afin d'éviter des pertes de temps ; d'autant plus que les journées d'hiver sont très courtes et, en raison du froid et des gelées du matin, le travail ne commence qu'à partir de 9 heures pour s'arrêter vers 16 heures. Le chef de famille se concerte avec son épouse afin de lui ramener tout ce dont elle a besoin pour préparer à manger pour la circonstance. Toutefois, souvent, il s'agit de repas légers faciles à emporter avec soi et à faire réchauffer sur les lieux de travail même, en allumant du feu avec les branches d'oliviers.

Le premier jour de la campagne, vers 8 heures du matin, tous les participants à la récolte des olives se rassemblent chez le propriétaire et partent ensemble en direction du champ d'oliviers où ils vont travailler. Chacun d'entre eux, motivé et prêt à consentir les efforts attendus de lui,  prend avec soi une partie des moyens et de la nourriture à acheminer vers le lieu de travail. Dans le cas de la disponibilité de véhicules, les personnes et les moyens sont embarqués et très rapidement ils arrivent sur l'oliveraie. Dans le cas contraire, ils font le trajet à pieds, aller et retour. 

Pendant le trajet, les participants échangent des informations, se racontent des histoires, discutent de la cueillette et d'autres thèmes jusqu'à leur arrivée. Ils font de même sur le chemin du retour, mais avec moins d'enthousiasme car il ne leur reste pas suffisamment d'énergie ; ils préfèrent économiser leurs forces pour se reposer et se préparer convenablement pour la journée du lendemain.

A signaler aussi que pendant la campagne de récolte des olives, toutes les familles productrices se mobilisent et réunissent les moyens nécessaires pour accomplir cette mission dans de bonnes conditions. Ainsi, le matin, par petits groupes, les participants à la cueillette se dirigent vers les champs d'oliviers, de la fumée monte de partout et les champs sont animés grâce à l'intense présence humaine très active et peu habituelle par rapport au reste de l'année. C'est aussi la période pendant laquelle toutes les potentialités de main d'œuvre sont mises à contribution et participent ensemble et sans distinction de sexe ou d'âge. Les femmes, les vieux et les enfants sont présents aux côtés des adultes mâles pour apporter leur contribution à faire réussir la campagne de cueillette. 

Arrivés sur les lieux, on allume un grand feu pour se réchauffer d'abord. Le feu est allumé relativement loin des arbres et de la broussaille afin d'éviter sa propagation rapide éventuelle aux  oliviers. Ce feu est ravivé plusieurs fois s'il fait très froid et surtout vers midi pour réchauffer la nourriture à consommer sur les lieux. 

Par ailleurs, quelques instants après l'arrivée au champ, le chef de famille distribue les rôles et, tous ensemble,  ils commencent le travail avec joie. Les adultes expérimentés sont chargés de faire tomber les olives en usant de leurs mains ou, au besoin, en recourant à la gaule, en cas de nécessité absolue. Ces professionnels, sur leur passage, coupent toutes les branches qui gênent leur intervention et surtout celles qui sont  mortes et improductives.

L'usage de la gaule est déconseillé car les tiges de branches sont les premières atteintes et elles tombent en même temps que les olives. L'année suivante, les branches endommagées et asséchées, ne produiront plus et agiront négativement sur la santé de l'olivier tout entier. Le recours à la gaule devrait être interdit aux non professionnels ; car les préjudices causés aux oliviers sont plus graves et se répercutent négativement sur l'épanouissement des arbres et sur leur productivité pendant les années qui suivent. 

Mais, avant de commencer à faire tomber les olives, on procède au placement des filets ou des bâches parterre afin de faciliter le ramassage. Cette activité est généralement confiée aux participants non expérimentés, à ceux qui ne peuvent pas grimper les oliviers, aux femmes et aux enfants ; ces précautions sont indispensables pour éviter tout risque d'accident et préserver les oliviers de tout préjudice éventuel pouvant entraîner une baisse de la production.

En effet, les risques d'accident existent au cours de la récolte des olives ; chaque année presque, il y a des personnes qui tombent, se fracasse les jambes, le bassin ou autres parties du corps, d'autres meurent carrément. C'est la raison pour laquelle, les propriétaires veillent à l'application stricte des consignes de sécurité simples mais efficaces : seuls les expérimentés grimpent les oliviers pour faire tomber les olives, toute branche difficile à grimper ou présentant des risques doit être sciée, ne pas grimper les arbres jusqu'à ce les troncs et les branches soient secs, arrêter la cueillette lorsqu'il pleut ou en situation de neige et de forte gelée, etc. 

A noter que ces risques augmentent lorsque les oliviers se trouvent sur un terrain accidenté ; la pente abrupte ne facilite guère le travail, la proximité de ravins rallonge de quelques mètres la hauteur des oliviers, etc. Dans ces cas exceptionnels, malheureusement nombreux, des précautions supplémentaires sont de rigueur afin d'éviter d'éventuels accidents, mortels dans la majorité des situations.  

Donc, les travaux sont entamés après la prise de toutes les précautions indispensables. Généralement on commence par cueillir les olives des branches que l'on peut atteindre sans grimper et ce pour éviter de les écraser ; on fait usage de ses mains et au besoin d'une gaule spéciale appelée en kabyle "Akava", non pas pour lancer des coups sur les branches, mais pour ramener celles-ci vers soi et les rapprocher le plus possible afin que les olives qui s'y trouvent soient à portée de mains. Dans, cette situation, on peut aussi utiliser une corde pour attacher les branches afin de pouvoir travailler à l'aise. 

Une fois que l'on ait terminé de cueillir les olives à portée de main en étant parterre, un ou deux professionnels grimpent et font tomber celles qui restent. Là aussi, l'accent est mis sur l'aspect sécurité ; on ne doit jamais travailler à plusieurs sur un même arbre de sorte à éviter les accidents éventuels qui peuvent survenir suite à des gestes non surveillés. En effet, il arrive souvent que l'on tire vers le bas une branche sur laquelle un autre ouvrier s'y trouve. Dans ce cas l'ouvrier perd l'équilibre et tombe parterre.

Pendant que les uns font tomber les olives, d'autres les ramassent et les mettent dans les sacs préparés pour. Une fois la cueillette d'un olivier terminée, on achève le ramassage des olives en les séparant des feuilles tombées avec et on déplace les filets ou les bâches vers un autre olivier. Lorsqu'on est nombreux, on se répartit sur plusieurs oliviers afin de ne pas perdre de temps. 

C'est ainsi pendant toute la journée. Cependant, pour supporter la pénibilité induite par ce travail de cueillette et de ramassage, les participants discutent entre eux de tous les sujets et certains, notamment les femmes, entonnent des chants spécialement conçus pour la circonstance ; ce qui égaie un peu les lieux et donne du courage pour ceux qui ressentent la fatigue.

Dans la majorité des cas, surtout en Kabylie, les oliviers se trouvent sur des terrains non accessibles aux véhicules, ce qui pose le problème du transport des olives récoltées. Dans le passé, nos ancêtres effectuaient le transport à dos d'âne ou de mulet ; un moyen très adapté à tous les reliefs y compris ceux qui sont accidentés. Mais, de nos jours, ces moyens sont rares, les sacs pleins d'olives sont transportés à dos d'homme ou de femme jusqu'au point où les véhicules peuvent y accéder. Parfois, les distances sont tellement importantes que les propriétaires ont du mal à résister à ce travail pénible ou à trouver la main d'œuvre nécessaire et de ce fait, nombreux sont les oliviers carrément abandonnés. 

Le mieux est de faire parvenir à la maison toutes les olives récoltées chaque jour ; mais, souvent, en raison de la difficulté de transport, on laisse tous les sacs sur les lieux de cueillette et on procède au transport à la fin. On y consacre une ou deux journées spécialement pour le transport ; ceux qui ne peuvent pas le faire eux-mêmes ont recours à la main d'œuvre saisonnière.

Une fois que l'on ait terminé de récolter les olives sur un terrain, on se déplace vers un autre et ainsi de suite jusqu'à la fin de la campagne oléicole. Ceci est le cas surtout en Kabylie où les terrains détenus par un même propriétaire sont très morcelés, de superficies réduites et éloignés les uns des autres ; ce qui ne facilite guère la tâche. 

Malgré tous les aléas évoqués, la cueillette des olives est un moment agréable pendant lequel tous les membres de la famille contribuent à la récolte et à la production d'huile, mais aussi, un évènement qui leur permet de s'évader à travers champs, sous un climat doux, parfois ensoleillé, de respirer un bol d'air plein d'oxygène dénué de pollution. C'est aussi un moment où l'on s'assoit parterre, on mange en plein air, on ramasse des glands, … bref, on casse la routine.

Dans le passé, l'usage de la monnaie était rare et pour la cueillette des olives, on s'entraidait ; parfois, on a recours au travail collectif, appelé "thiwizi". Cette pratique se décidait lorsqu'un ou plusieurs propriétaires n'arrivaient pas à cueillir seuls leurs olives, les citoyens du village se mobilisent et lui prêtent main forte pendant quelques jours et lui permettent de terminer la cueillette et le ramassage. En guise de reconnaissance de leur geste, le propriétaire les nourrit pendant les jours travaillés en usant de tous ses moyens et en plus, il leur distribue une partie de sa récolte d'huile, notamment aux nécessiteux d'entre eux.  Enfin, lui et ses enfants, participeront à toutes actions collectives organisées au profit d'autres personnes, riches ou pauvres, quelque soit la circonstance. 

La campagne se termine en ramassant toutes les branches tombées parterre et en les brûlant ; car les laisser parterre sous les arbres ou à côté, elles peuvent constituer des foyers propices à la constitution de parasites nuisibles aux oliviers et aux olives. Leur élimination réduit de beaucoup les risques de maladies propres aux oliviers et aux olives. Cela permettra aux propriétaires de préserver la capacité de production d'olives et la qualité de l'huile obtenue.

Enfin, les olives récoltées ne doivent pas séjourner longtemps chez le propriétaire ; il est recommandé de les acheminer vers l'unité de pressage et de raffinage d'huile le plus tôt possible afin d'éviter que le taux d'acidité soit trop élevé du fait de la fermentation et de la détérioration d'une partie d'entre elles. Le pressage des olives et le raffinage d'huile constituent la phase finale de la campagne oléicole. Ce thème fera l'objet d'un autre article à publier prochainement. 

Auteur : Rachid Sebbah

Draa Kébila, Oliviers et production d'huile d'olives en nette évolution

Arbre typiquement méditerranéen, l'olivier est très répandu sur le territoire de la commune Draa Kébila. Les travaux de plantation et d'entretien des oliviers ainsi que ceux de la cueillette et du pressage des olives procurent aux citoyens de la localité des emplois saisonniers, des revenus financiers appréciables et d'importantes provisions en huile d'olives qui rentre très largement dans la consommation quotidienne de toutes les familles productrices ou non.

La superficie plantée en oliviers à Draa Kébila a tendance à s'accroître rapidement chaque année ; les habitants de cette petite commune du nord ouest de la wilaya de Sétif ont pris conscience de la vocation agricole de leur région. L'olivier est l'arbre le plus adapté au relief relativement accidenté et au type de terres qui domine ici.

 A Draa Kébila, la culture de l'olivier remonte à l'époque romaine, voire bien avant ; la circonférence de certains troncs d'arbres en témoigne. En effet, beaucoup de vieux  oliviers encore productifs, notamment au village Krima, nous font penser qu'ils doivent avoir plusieurs siècles d'âge. C'est aussi, un arbre qui est peu exigeant en matière d'entretien et qui résiste beaucoup tant à la chaleur qu'au froid.

 Ceci nous amène à poser une série de questions allant de la plantation de l'olivier à la phase finale qui est le pressage des olives et la récolte d'huile en passant par l'entretien et la cueillette. Les réponses à ces questions, bien que très sommaires, éclaireront sur la nature des travaux et des efforts consentis, les moyens utilisés et les intérêts en jeux ?

  D'emblée, il y a lieu de faire remarquer que la culture de l'olivier a beaucoup évolué et qu'il faut peut être parler d'abord de l'ancienne époque où la superficie occupée par ce type d'arbre à Draa Kébila était très réduite et les techniques ainsi que les moyens utilisés étaient dérisoires. Ensuite, sera évoquée la situation actuelle avec les moyens et techniques modernes ainsi que la supplantation du figuier par l'olivier.

 A Draa Kébila, la culture traditionnelle de l'olivier s'étend jusqu'aux années 80 du vingtième siècle ; les dernières presses de type ancien ont complètement disparu. Désormais, elles relèvent de l'histoire.

 Nos ancêtres utilisaient des techniques et des moyens très archaïques et différents de ceux en usage de nos jours. Quantitativement et qualitativement, les résultats obtenus sont aussi incomparables.

 D'abord, il faut signaler que le figuier, autre arbre adapté à la région, dominait très largement avant de céder beaucoup de place à l'olivier qui prend sa relève. Le figuier et les revenus que procurait la vente de figues sèches destinées à l'exportation occupaient la seconde place en terme d'importance dans les activités agricoles des habitants de Draa Kébila. Actuellement, le figuier subsiste à peine sur des superficies très réduites et la récolte de son fruit sert surtout à couvrir les besoins familiaux en figues fraîches et sèches.

 Donc, à Draa Kébila, il n'y a pas si longtemps, la culture de l'olivier occupait la troisième position après celles des céréales et des figuiers. Comment se font les travaux de plantation et d'entretien, la cueillette et le pressage des olives et à quoi sert l'huile récoltée ? Quelle est la situation aujourd'hui ?

 Tous les terrains pauvres et accidentés, impropres à la culture des céréales et des figuiers, étaient destinés essentiellement à la plantation de l'olivier. Ce choix, n'est pas fortuit ; il est très judicieux du fait qu'à l'époque, encore faut-il le rappeler, la semoule était absente des rares magasins qui existaient et le travail salarié était insignifiant ; les habitants produisaient eux même le blé et l'orge dont ils avaient besoins. Ils utilisaient le troc de biens et des services, le métayage, le paiement en nature, etc. La monnaie, quasi absente à l'époque, circulait très peu.

 Par ailleurs, il n'a y avait pas de pépinières pour fournir les cultivateurs en arbres greffés prêts à être mis en terre. On plantait des arbustes d'oliviers sauvages que l'on déterrait dans les champs et les forêts. Quelques années plus tard, ces arbustes sauvages replantés grandissent et sont greffés en prélevant des boutures sur des oliviers producteurs. Des années après et grâce à des soins intensifs (taille, labours et engrais naturels surtout), les plants greffés multiplient leurs branches et entrent en production. Cette façon de faire ne permettait pas une multiplication rapide ; elle prenait beaucoup de temps avant de voir venir les fruits.

 Cependant, cette méthode est encore utilisée de nos jours en raison du fait qu'elle permet de choisir le porte greffe qui convient le mieux et la qualité d'olives voulue ; c'est aussi une façon de s'assurer que notre olivier ainsi planté aurait une très longue vie et donnerait beaucoup d'olives et d'huile de très bonne qualité.

 Mais cela n'empêche qu'aujourd'hui il est très largement fait recours à la plantation d'oliviers achetés sur le marché et provenant de nombreuses pépinières qui se sont développées à travers le territoire national. Ces arbustes qui grandissent rapidement après la plantation présentent des inconvénients majeurs en ce sens que l'on ne sait pas s'ils sont greffés sur des portes greffes résistants ou pas (oliviers sauvages), le type d'olives n'est pas précisé et aucune garantie n'est donnée quant à la résistance de ces arbustes aux maladies propres à l'olivier.  

 Toutefois, les expériences vécues ont été relativement concluantes et ont permis de doubler la production d'olives et d'huile ; ce qui aide les producteurs à couvrir une bonne partie de leurs besoins oléicoles qui ne cessent d'augmenter proportionnellement à l'évolution du nombre d'habitants de la localité.

 Quant aux travaux d'entretien, ils comportaient les labours, le recours aux engrais naturels et la taille.

 Peu exigeant, l'olivier se contente de labours superficiels une fois tous les trois ou quatre ans. Ces labours permettent à l'eau de pluie et de neige de s'infiltrer jusqu'aux racines et d'arroser suffisamment les arbres. L'olivier résiste à la chaleur, mais il lui faut un minimum d'eau pour que la récolte soit bonne et de meilleure qualité.

 Actuellement, on a tendance à planter davantage, mais on laboure très peu à cause des changements importants intervenus ces derniers temps en matière de mode de vie. Les générations montantes ont peu de préférence aux travaux agricoles ; ils optent pour  des métiers non pénibles et moins salissant même s'ils ne rapportent pas beaucoup d'argent.

 Les engrais naturels sont surtout nécessaires au début de la plantation et de temps en temps, si le terrain est très pauvre ; ils permettent à l'olivier de grandir rapidement et de produire si vite. Mais, le recours systématique à l'engrais naturel peut altérer la qualité des olives et de l'huile produite ; après leur récole, les olives se détériorent et ne résistent pas au stockage en attendant leur pressage.

 De nos jours, les engrais naturels sont de plus en plus rares, les cultivateurs utilisent les engrais chimiques mais très rarement et très peu. Lorsqu'il y a manque de pluie et de neige, le recours à ce genre d'engrais peut être néfaste pour l'olivier ; il peut entraîner la mort de plusieurs branches et l'altération du feuillage des autres.

 Par contre, la taille annuelle de l'olivier est très bénéfique; dans le passé, elle est confiée à des professionnels. Aujourd'hui les tailleurs d'arbres qualifiés  sont rares et les oliviers sont soit mal taillés ou laissés carrément sans taille pendant plusieurs années. Dans les deux cas, c'est mauvais pour l'olivier. Les connaisseurs en la matière disent que la taille de l'olivier passe avant le labourage et l'utilisation des engrais. Autrement dit, si le cultivateur devait choisir entre les trois, il opterait pour la taille. Celle-ci rajeunit l'arbre et lui donne de la vigueur et des capacités à produire davantage. Elle peut se faire au moment de la cueillette, juste après la cueillette ou encore en mars de chaque année, avant que les arbres ne commencent à fleurir.

 La taille faite au moment de la cueillette permet d'aérer l'olivier afin de pouvoir récolter facilement les olives. Il permet à l'arbre de se rajeunir en faisant pousser de nouvelles branches propices à une production accrue d'olives. Mais, souvent, on n'a pas le temps de faire la taille et la cueillette en même. Dans ce cas, la taille est reportée à juste après ou en mars. Celle qui se fait au printemps permet à l'olivier de refermer les plaies grâce à la sève secrétée par l'arbre lui même. De l'avis des expérimentés en la matière, elle est la meilleure ; car elle n'altère pas l'olivier et le prépare mieux à la prochaine récolte.

 Les branches ainsi taillées et tombées parterre sont utilisées pour l'alimentation des chèvres et le chauffage durant l'hiver. C'est là une façon de recycler la biomasse et de l'utiliser à bon escient.

 La cueillette est une activité qui prend du temps et qui nécessite beaucoup de main d'œuvre afin de pouvoir la mener à bon terme avant que le froid ne s'intensifie et que la pluie et la neige ne surviennent fréquemment. La cueillette des olives commence généralement fin novembre et peut durer plusieurs jours, en fonction du nombre d'oliviers dont on dispose et de leur âge, de l'abondance des olives ou non, de la main d'œuvre mobilisée pour la circonstance, des conditions climatiques, des moyens matériel mis en œuvre, de l'éloignement ou non des oliviers par rapport au lieu où résident les propriétaires, etc.

 Si la plantation de l'olivier se fait une fois, l'entretien de temps en temps, la cueillette des olives est une activité qui se répète chaque année. C'est une période cruciale pour chaque chef de famille qui a la charge d'organiser les travaux de cueillette et de ramassage des olives. De la façon dont elle est menée dépend la production de l'année en huile et de celles des années qui suivent. Autrement dit, il est nécessaire de prendre toutes les précautions utiles afin de ramasser toutes les olives sans porter préjudice à l'olivier en usant de la gaule ou en procédant à la taille lors de la cueillette.

 La cueillette des olives, à Draa Kébila, se fait manuellement jusqu'à ce jour. La mécanisation est pour le moment chose difficile à imaginer pour plusieurs raisons ; le relief accidenté de la région et la nature des oliviers ne facilitent pas la chose.

 Pour l'instant, les oléiculteurs continuent à cueillir les olives d'une manière très traditionnelle. On fait tomber les olives en usant de ses mains ou en recourant à une gaule. Pour ce dernier cas, l'on doit prendre la précaution de confier le travail à quelqu'un du métier afin d'aller vite sans pour autant porter préjudice aux oliviers.

 Dans le passé, on faisait tomber les olives parterre puis on les ramassait une à une ; cette pratique faisait perdre beaucoup de temps et la période de cueillette s'allonger en conséquence. Aujourd'hui, on fait usage de bâches en toile que l'on étale sous l'olivier avant de commencer la cueillette ; les olives tombent sur la bâche et le ramassage se fait très aisément. Les olives rassemblées sur la bâche, on procède alors à leur séparation du feuillage et des débris qui tombent lors de la cueillette. Ceci se fait sur place ou une fois les olives arrivées à la maison.

 L'autre nouveauté, c'est aussi le transport des olives par véhicule. Les olives récoltées durant la journée sont embarquées dans un véhicule pour les ramener à la maison. Alors que par le passé, le transport se faisait à dos d'âne ou de mulet ; chose qui subsiste encore notamment lorsque les champs où se trouvent les oliviers sont relativement loin des routes carrossables, mais cette pratique a tendance à disparaître complètement.

 A l'opération de cueillette, participe généralement tous les membres de la famille à l'exception des vieux, des malades ou handicapés. En cas de production abondante, on peut faire appel à de la main d'œuvre saisonnière. De nos jours, les éligibles à participer à la cueillette des olives sont peu nombreux du fait de la scolarisation des enfants, d'une part, et de la préférence des jeunes à exercer des activités non agricoles, d'autre part.

 Hormis les inconvénients et les risques encourus, la cueillette des olives reste une activité pleine d'ambiance où l'utile est joint à l'agréable. Cette activité et celle du pressage des olives nécessitent qu'on leur consacre un reportage à part qui constituerait la suite du présent essai.

 Le pressage des olives est la phase finale de la production d'huile d'olives. Ici, nous évoquerons brièvement cette opération importante sans laquelle les olives récoltées ne serviraient pratiquement à rien, sauf peut-être, à la conservation de certaines d'entre elles (les grosses) pour les destiner à la consommation à table.

 Nos ancêtres recouraient à la presse traditionnelle disposant d'une roue en pierre taillée spécialement pour. Un cheval ou un mulet faisait tourner la roue pour écraser les olives sur son passage. La pâte huileuse obtenue est disposée dans des sacs circulaires posés les uns sur les autres sous une presse actionnée par la force des bras des hommes pour que l'huile se sépare et coule vers un bac placé en dessous. Ce système a pratiquement laissé place à des presses modernes électriques et automatiques implantées un peu partout dans toute la région. La localité de Draa Kébila vient de se doter d'une presse à huile moderne dont la mise en service est effective à compter de cette campagne oléicole 2012/2013. C'est le fruit d'un investissement privé réalisé par Djemaa Abiza, un natif de Draa Kébila.

 Toutes ces opérations évoquées ci haut sont mises en œuvre afin d'obtenir de l'huile d'olives très utile à la consommation des citoyens et au renforcement de leurs revenus provenant d'activités agricoles et autres. L'huile d'olive est partout dans les plats consommés à Draa Kébila. On la retrouve notamment dans la préparation de la "chilta" faite avec du piment piquant ou doux et de la tomate très prisés durant toute la période d'été et même en dehors de celle-ci. On en fait des crêpes avec de l'huile d'olive, on l'utilise pour huiler le couscous, etc. Bref, elle est présente partout dans la nourriture consommée dans cette localité. Le surplus est vendu pour se procurer quelques revenus financiers dont une partie importante sert à financer les travaux d'entretien, de cueillette et d'élargissement du parc oliviers de la famille. Il ne faut pas omettre de signaler que le dixième de la récolte en huile est distribué aux démunis au titre de la "zakat". Une partie de ce qui reste est offerte aux proches et amis qui n'ont pas d'oliviers.

 Enfin, l'olivier a toujours été un symbole de la région et son développement accéléré ne peut que réconforter les citoyens de la localité en leur procurant des emplois et des revenus subséquents. Le déploiement intensif de l'olivier est une activité noble qui convient bien à nature et au relief de cette localité. C'est aussi justice rendu tant à l'homme qu'à la nature.  

 Auteur : Rachid Sebbah

 

Lemroudj, activités économiques

Lemroudj, activités économiques

 Avec ses 2718 habitants, le village Lemroudj est la plus importante agglomération de la commune Draa Kébila. Son expansion urbaine qui remonte au début des années quatre vingt du siècle dernier, est due essentiellement à l'électrification, l'amélioration de l'état des routes et aux transferts d'argent provenant de l'émigration notamment de France.

 Ainsi, une multitude d'activités économiques ont vu le jour dans ce village ; ce qui a permis la création de nombreux emplois tant pour les jeunes de la localité que pour ceux des agglomérations voisines.

 La confection de vêtements, notamment le pantalon Jean, est l'activité dominante à Lemroudj ; c'est d'ailleurs elle qui a favorisé la construction de nouvelles maisons modernes et l'avènement d'activités annexes. Les ateliers de confection de vêtement emploient plus de 40 % des travailleurs.

 Parmi les autres activités économiques développées au village Lemroudj, on peut citer :

-         l'élevage bovin, ovin, caprin, apicole et avicole,

-         l'artisanat (mécanique automobile, plomberie sanitaire, menuiserie, maçonnerie générale),

-         commerces et services, etc.

 Il faut noter que l'élevage de poules pondeuses se développe de plus en plus puisque l'écoulement de la production d'œufs sur le marché ne semble poser aucun problème. De nouveaux investissements dans ce créneau sont en cours de réalisation.

 En ce qui concerne l'élevage de vache laitière, au village Lemroudj, nous dénombrons au moins deux jeunes investisseurs qui ont bénéficié d'aide financière par le biais de l'ANSEJ. A ces derniers, s'ajoutent d'autres éleveurs de bovins destinés surtout pour la production de viande rouge.

 En matière d'élevage ovin et caprin, le cheptel ne cesse de baisser. On dénombre quelques éleveurs dont l'objectif est de satisfaire leurs besoins personnels en lait et en viande rouge.

 L'élevage des abeilles se développe davantage grâce à l'aide apportée par les services agricoles notamment en matière de financement de l'achat des essaims et du matériel apicole. Toutefois, la production de miel est insignifiante par rapport aux potentialités de la région d'une part et aux besoins des consommateurs locaux d'autres part.

 Outre les activités agricoles citées plus hauts, on dénombre quelques artisans en mécanique auto, électricité bâtiment, menuiserie bâtiment et ébénisterie, fabrication de fauteuils, plomberie, maçonnerie, etc. Ces activités sont devenues indispensables pour la satisfaction des besoins des habitants de cette localité et des villages voisins.   

 On remarque aussi la prolifération de petits commerces notamment dans les domaines d'alimentation générale, fruits et légumes, habillement, etc.

 Toutes ces activités font du village Lemroudj une agglomération vivante qui attire beaucoup de travailleurs des localités voisines. Toutefois, toutes les potentialités ne économiques ne sont pas exploitées.

 En effet, la région est montagneuse, beaucoup de terrains sont restés inexploités. Le développement de l'arboriculture, de l'apiculture, de l'élevage ovin et caprin sont autant de domaines on l'on peut investir pour peu que les jeunes demandeurs d'emploi acquièrent une formation professionnelle adéquat et qu'ils soient motivés. Il faut également que les programmes étatiques de soutien s'intéressent à ces créneaux.  

  Auteur : Rachid Sebbah

Jardinage

A Lemroudj, les habitants s'adonnent au jardinage ; les uns par passion, les autres pour produire les fruits et légumes dont ils ont besoin. En tous cas, c'est une façon de joindre l'utile à l'agréable.

Hommes et femmes s'y mettent pour faire du jardinage en été et en hiver.

En été, on plante des piments, des tomates, des haricots, de la courgette, de la pastèque, du melon, du mais, etc.

En hiver, sont plantés l'oignon, l'aile, la pomme de terre, etc.

Passer le temps à jardiner c'est reposant et aussi utile car malgré les coûts relativement élevés des produits obtenus, il n'en demeure pas moins que ces derniers sont consommés frais avec toute leur saveur et leur goût naturel. C'est aussi une façon de réduire la facture des légumes consommés.

Outres les légumes, ces dernières années, les gens de cette région plantent des arbres fruitiers surtout au mois de mars de chaque année.

Aujourd'hui, beaucoup de personnes produisent des fruits de toutes sortes pour la consommation familiale : raisin blanc, raisin rouge, pommes, poires, pêches, abricots, grenades, figues fraîches, etc.

Ce genre d'initiatives est louable et c'est à encourager afin que les citoyens de cette commune participent à la production de la majeure partie des fruits et légumes dont ils ont besoin.

Consommer frais et bio quoi de mieux et s'assurer des produits de qualité et savoureux. C'est encore bon pour la santé du corps humain et de la bourse familiale.

Donc, vous aussi, apprenez à faire du jardinage et vous verrez que c'est facile, passionnant et utile.

  Auteur : Rachid Sebbah

Lemroudj ! Economie, passé et présent

Il n'y a pas si longtemps, les habitants de Lemroudj vivaient essentiellement de leurs récoltes agricoles et du produit de leurs activités artisanales. Mais, depuis une trentaine d'années environ, les choses ont complètement changé ; le rythme de vie n'est plus le même.

  En effet, jusqu'à la fin des années 70, l'économie du village Lemroudj était essentiellement de type agricole ; les habitants consommaient les produits récoltés dans leurs champs après un travail laborieux et des compléments de revenus provenant des transferts d'argent des émigrés vivant à l'étranger. En tout et pour tout, il n'y avait que deux boutiques dont les produits vendus se comptaient sur le bout des doigts : sel, pétrole lampant, allumettes, savon en morceaux, tissu, sucre et café.

   D'autres produits tels que la viande, les oranges, les dattes, les tapis d'alfa, étaient généralement acquis au marché hebdomadaire qui se tenait au lieu dit « El had lanacer » situé à deux km. 

  Le reste était produit localement ; il  n'y avait pas de semoule en sachets comme c'est le cas maintenant, ni toute cette panoplie de choses soigneusement conditionnées.

  Aux alentours immédiats du village Lemroudj, il y avait des moulins à eau tout au long de la rivière Bousselem et du grand ruisseau dit « Tighzarth ». L'architecte et le constructeur de ces moulins était un natif de Lemroudj, de petite taille et handicapé physique. Il s'appelait Belkacem Ouaavalla. En contre partie de ses services, il entrait comme co-propriétaire dans chaque moulin réalisé.

Ses travaux consistaient à réaliser le mécanisme du moulin, à l'installer et à assurer la maintenance en cas de besoin.

Les habitants de Lemroudj se rendaient au moulin au moins une fois par semaine pour moudre le blé et l'orge. En échange, le propriétaire du moulin, prélevait le 1/10 de la quantité de blé ou d'orge moulu. Le prélèvement se faisait généralement en grains.

Le premier moulin mécanique à moteur diesel est apparu au village vers la fin des années 50 du vingtième siècle.

Depuis, les moulins à eau ont cédé la place aux moulins mécaniques ; aujourd'hui, ceux qui subsistent fonctionnent avec des moteurs électriques.

Aujourd'hui, les magasins sont pleins de sacs de semoules ; on dénombre un seul moulin  mécanique pour tout le village Lemroudj.

  Auteur : Rachid Sebbah

Moyens de communication

Bien que situé au Nord de l'Algérie et pas loin de la mer méditerranée, pendant l'occupation coloniale de notre pays, Lemroudj était totalement enclavé et isolé. Il n'y avait ni route carrossable, ni téléphone, ni autres  moyens de communication.

Pour voyager ou se déplacer on utilisait les chevaux, les mulets et les ânes comme moyens de transport.

D'ailleurs, on racontait que toute personne qui émigrait vers l'intérieur du pays ou l'Europe empruntait le chemin menant de Lemroudj vers Cherchara, un bourg éloigné d'environ 15 km et situé sur une route carrossable où les rares voitures de l'époque et l'unique bus de Si Méziane Abjaoui circulaient.

Pour rejoindre Cherchara, les voyageurs faisaient le trajet à pieds ou à dos de mulet ou de cheval, en passant par Thakouravth (lieu surplombant Lemroudj), Bouzalatène, Thassaount Nassabth et Ighil Lemri pour aboutir à Cherchara et même chemin pour le retour.

A l'approche de leur retour, les émigrés envoyaient des lettres à leurs proches restés au village pour les informer de la date de leur arrivée à Cherchara afin qu'ils viennent à leur rencontre avec un cheval ou un mulet pour les transporter eux et leurs bagages. Dès que l'information parvienne, on ne cessait pas de compter le nombre de jours qui restaient pour le retour. Les membres de la famille concernée restés au village, tournaient leur regard sur Thakourabth d'où l'on pouvait apercevoir la silhouette de toute personne se dirigeant vers Lemroudj.

C'est vers 1956 que les militaires français, installés à Ouled Ali Ben athmane, village situé à 5 km, avaient décidé d'ouvrir une piste pour relier les deux bourgs avec un prolongement vers Ighvouliyane et la route existante, Béni Ourtilane – Bougaa ;  le croisement se situait au niveau du lieu dit Dellaga.

L'ouverture d'une telle piste devait permettre aux troupes de l'armée coloniale française de pourchasser les moudjahidine (combattants de la lutte de libération nationale pour l'indépendance). Le premier tracé était légèrement différent de celui de l'actuelle route.

D'abord, il n'y avait pas de pont ; donc les chars et les jeeps de l'armée, plus tard les camions et voitures civils, traversaient la rivière à environ 150m plus bas que la route actuelle. Par ailleurs, au niveau du quartier El Maida, la route montait directement en pente abrupte vers le village Lemroudj (l'ancien tracé existe encore ; il avait coûté la vie à un vieux commerçant, appelé Larbi Ouidhir, après renversement du camion qui le transportait ce jour là).

Quant au pont actuel, il avait été construit entre 1956 et 1959 en recourant à la force des bras de prisonniers et des habitants du village. Ces derniers ne recevaient aucun salaire ; la différence entre eux et les prisonniers, c'était qu'ils retournaient chez eux après une longue journée de labeur pénible et dangereuse.

Même scénario pour le revêtement de la chaussée avec des pierres. Prisonniers et villageois étaient mobilisés pour transporter les pierres et les poser sur la chaussée pour permettre aux engins militaires de passer sans difficulté surtout en hiver.

Quant aux services postaux, ils étaient inexistants.

Pour envoyer une lettre à un émigré, on la faisait écrire en arabe par l'imam du village mais pour porter l'adresse du destinataire sur l'enveloppe et en français, les gens se rendaient à Bougaa (Lafayette, située à 30 km) car, à Lemroudj, à l'époque, il n'y avait pas de lettrés dans cette langue.

A Lemroudj et dans toute la région, il n'y avait pas d'écoles. Les autorités coloniales n'avaient pas d'intérêts dans cette région et par conséquent, elles n'avaient pas cru nécessaire d'en construire une école. Peut être qu'elles pensaient même que c'était dangereux et qu'il valait mieux laisser les gens dans l'ignorance.

Qu'en est-il aujourd'hui ? De grandes transformations par rapport aux années 50 du siècle dernier.

La route est bitumée de Dellaga jusqu'à Amakhchouf où un nouveau pont très long et très large vient d'être construit. La route est relativement large et recouverte d'un tapis de bitume. Fini la traversée en s'engageant avec la voiture en pleine rivière et fini les risques de se voir emporté par les eaux aux moments des crues.

Par ailleurs, au niveau de Amakhchouf, sur la gauche, maintenant, il existe une route avec tapis de bitume qui permet d'éviter la traversée de la rivière et aboutit directement à Bouferroudj, commune de Hammam Guergour, par loin de Bougaa.

Quant autres moyens de communication, d'importants progrès ont été réalisés. Les opérateurs de téléphonie mobile (mobilis, djeezy et nedjma) ont installé à Lemroudj des stations d'émission et de réception.

Un réseau de téléphone fixe a été réalisé et réceptionné en janvier 2010. Il a permis le raccordement des foyers au réseau  national et surtout l'avènement de l'internet à haut débit ('ADSL).

La télévision et la radio ont également leur place. La première est présente dans tous les foyers. Les habitants de Lemroudj et de la région n'ont rien à envier à ceux de la ville puisqu'ils disposent de nombreuses commodités.

Certes, il reste encore beaucoup à faire pour améliorer davantage les conditions de vie des citoyens de Lemroudj, mais il faut reconnaître que d'énormes progrès ont été réalisés depuis l'indépendance à ce jour.

  Auteur : Rachid Sebbah

Elevage apicole à Lemroudj

L'élevage d'abeilles existait depuis longtemps à Lemroudj. Toutefois, le nombre d'éleveurs et de ruches était insignifiant.

En effet, dans le passé, quelques familles possédaient des ruches et s'adonnaient à l'élevage d'abeilles sous sa forme traditionnelle. Les ruches étaient généralement en terre et de forme cylindrique.

Ces ruches pas nombreuses (une à trois par éleveur), étaient placées non loin de la maison, parfois dans la cours même. Les abeilles de l'époque étaient moins agressives.

Généralement les essaims étaient attrapés et domestiqués sans recours aux techniques connues de nos jours. Chacun, usait de son savoir faire en la matière et au fil des années, ce dernier s'est développé et s'est amélioré.

Actuellement, à Lemroudj, l'élevage d'abeilles s'est quelque peu développé, mais toutes les potentialités de la région sont loin d'être exploitées. Car il ne faut pas oublier que Lemroudj est d'abord à vocation arboricole et, par conséquent; la densité des arbres forestiers et fruitiers constitue un facteur très favorable à l'apiculture.

 Les ruches sont en bois, contiennent des cadres avec cire à l'intérieur. Elles sont placées l'une à coté de l'autre et orientées vers l'est de sorte à ce que le soleil levant les arrose pour que les abeilles puissent sortir tôt pour aller butiner et cueillir du pollen nécessaire à la fabrication de miel.

La démultiplication des ruches se fait soit par séparation artificielle ou par capture d'essaims durant la période de fin de printemps et au début de l'été. Il y a ceux qui ont recours à l'achat de nouvelles ruches.

Pour cette année 2009, la récolte de miel semble compromise par le fait que le froid a trop duré et que les abeilles n'ont pas pu en produire suffisamment. Il y a même des ruches dont les abeilles n'avaient pas assez de miel à consommer en période d'hiver. Les abeilles ont cessé de vivre et les ruches sont carrément vides.

 En conclusion, l'élevage d'abeilles est un créneau porteur, facile à investir et la région de Lemroudj s'y prête très bien. Aussi, avec l'aide des services agricoles et la sensibilisation des jeunes, l'élevage apicole peut se développer davantage et procurer du travail et des revenus financiers à beaucoup de gens d'autant plus qu'il existe des institutions de formation et de vulgarisation du métier d'apiculteur.

  Auteur : Rachid Sebbah

Huilerie traditionnelle

L'huilerie traditionnelle (d'olives) est un autre type de moyens de production réalisé sur place. La grande roue en pierre était taillée sur les lieux de la carrière puis transportée par les gens du village jusqu'au site où elle devait être implantée.

Il en était de même pour l'ensemble des autres accessoires qui allaient avec. Chose irréalisable de nos jours. L'image ci-contre montre une roue du genre encore visible de nos jours chez les Benmadi au quartier Issalem.        

   Auteur : Rachid Sebbah  

Agriculture, artisanat et commerce

Par le passé, à Lemroudj, l'activité agricole était dominante à tel point qu'elle faisait vivre la population du village. Une partie de la production était même exportée, notamment les figues sèches, l'huile d'olives et les amandes ; ces dernières étaient utilisées pour la fabrication de savon et de produits cosmétiques.

Aujourd'hui, l'agriculture est reléguée au second plan ; la production ne suffit même pas  à faire vivre la population. Beaucoup de champs sont totalement livrés à l'abandon car les habitants ont développé d'autres activités telles que le commerce, la confection de vêtements notamment les pantalons en jean.

Cette situation est passagère ; car un jour ou l'autre nous aurons besoin de travailler chaque pouce de nos terres pour satisfaire nos à besoins alimentaires.

D'ailleurs, la concurrence est tellement ardue que les gens n'arrivent plus à tenir le cap et beaucoup d'entre eux,  tôt ou tard, seront astreints, à se recycler dans l'agriculture de montagne telle que l'élevage d'ovins, de caprins et de petits animaux. Ils pourront également développer des cultures adaptées telles que celles de l'amandier, du figuier et du poirier. Ce sont là des espèces qui ont donné de bons résultats par le passé.

.Une autre activité non  moins importante peut être développée sans difficulté.

Il s'agit du tourisme de campagne. En effet, la région est très jolie surtout au printemps et même en été et en automne. Tout dépend de l'imagination des promoteurs et de leur sens des affaires.

  Auteur : Rachid Sebbah

Le travail de la laine

Le travail de la laine était autrefois présent dans tous les foyers ; ce n'est plus le cas de nos jours. Beaucoup n'ont pas transmis le métier à leurs enfants. C'est dommage, car cet artisanat aurait pu constituer un appoint en revenu voire même une plateforme pour le développement d'activités touristiques.

Cependant, il est utile de mettre en valeur ce qui se faisait dans ce domaine par le passé.

 Le burnous est un habit à base de laine que chaque homme devait avoir à la maison et porter notamment à l'occasion des fêtes religieuses ou tout simplement pour se protéger du froid en hiver. Le burnous de couleur blanche est typiquement kabyle.

En général, les familles produisaient plusieurs effets à base de laine tels que le burnous et les tapis

Le tissage du burnous se faisait à l'intérieur des foyers (à la maison). C'est le travail des femmes. Elles se procuraient des métiers à tisser traditionnel faits en bois et composés de :

-          Deux (2) barres horizontales appelées  Ifagagane  au pluriel et Afagag au singulier. Elles sont de forme rectangulaire d'environ 15cm x 10cm x 4m. On retrouve une barre en bas et une autre en haut, toutes deux fixées aux barres verticales.

-          Deux (2)  barres verticales appelées en kabyle "Thirigliwine " au pluriel et Thirigli au singulier. Elles sont rondes et d'environ 6 à 10 cm d'épaisseur et d'une longueur de 4 mètres. Elles sont placées à 2 ou 3 mètres l'une de l'autre.

-          D'accessoires tels que : roseaux biens lisses dits Ighouname au pluriel et « aghanime » au singulier, « Thawassoulte » genre de bâton suffisamment long et un peu épais, Thijabadhine au pluriel et « Thajabate » au singulier, Ayazile (tasseur),  Akardache (carde), etc.

 La liste des accessoires est plus longue si on y inclut les articles avec lesquels on travaille la laine : Thassanarthe , Izdhi, Imchate, Thimchate, tharoukha, etc).

 Toute cette terminologie ancienne et le savoir faire artisanal sont méconnus de la génération actuelle. C'est un grand dommage causé à la culture berbère de cette région. Si l'on veut faire revivre l'artisanat, il faut sensibiliser la population et veiller à la transmission de ces métiers avant que les rares maîtres en la matière encore en vie ne disparaissent à jamais.

  Auteur : Rachid Sebbah

Acharta

Dans un passé récent, les moissons se faisaient à la faucille ; il fallait beaucoup de temps pour faucher le blé et l'orge en été.

Les propriétaires terriens faisaient alors appel à des ouvriers moissonneurs (appelés en kabyle imchartane dont la mission est de moissonner le blé ou l'orge en contre partie d'un salaire relativement bas mais nourris durant les jours de travail). C'est de là que découle le mot acharta qui veut dire les moissons avec des conditions.

 Imchertane, c'étaient généralement des personnes qui n'avaient pas de terres ou très peu. Ils travaillaient chez d'autres propriétaires terriens dont la main d'œuvre familiale ne suffisait pas.

Ce n'était pas uniquement les pères de familles qui s'engageaient dans ces moissons. On y trouvait également de jeunes étudiants dont les parents étaient incapables de prendre en charge les frais de leurs études. C'est pour eux l'occasion d'amasser un peu d'argent nécessaire afin de financer leurs études.

 Ces ouvriers saisonniers travaillaient du lever du soleil jusqu'à son coucher. Et pour nourriture, généralement, durant la journée, ils mangeaient de la galette avec du petit lait  ou avec de l'huile d'olives, de l'oignon et du couscous la nuit.

Comme boisson, ils consommaient de l'eau de source souvent tiède car il n'y avait même pas d'ombre pour y déposer l'outre (Ayadidh / Thazaaloukth) faite avec la peau de chèvre. Cette dernière les suivait partout où ils se déplaçaient. Pour son emplacement, on l'accrochait à un tri pieds appelé Imasnda.

De nos jours, ce genre de travail a presque disparu du fait que les parcelles de terres consacrées à la culture du blé et de l'orge sont très peu nombreuses et que généralement on a recours aux moyens mécaniques telle que la moissonneuse batteuse.

  Auteur : Rachid Sebbah

Lemroudj et ses jardins d'antan

Dans le passé, à l'intérieur et aux environs immédiats du village Lemroudj, on dénombrait beaucoup de jardins dont les plus renommés sont : Assebah, Thaghma, Lkucha, kébila, Mkadem, etc.

  Assebbah et Thaghma sont deux jardins vergers renommés pour leurs produits fruitiers et maraîchers variés et très appréciés. Dans ces derniers, on trouvait surtout beaucoup de grenadiers, de figuiers, d'abricotiers, de pêchers, etc. En plus on y produisait du piment, de la tomate, des fèves, des petits pois et bien d'autres choses.

Ce qui est important à savoir, c'est la façon dont ces jardins sont alimentés en eau d'irrigation.

En effet, ces deux jardins, sont situés tout au long d'un grand ruisseau qui prend sa source au niveau du village Ighvouliène ; l'eau sortait de la roche et ruisselait sur une longueur de près de deux (02) kilomètres avant de se jeter dans la rivière Bousselem au niveau de Thaghimiwine.

 Un peu plus haut que la limite Ouest du jardin Assebah, on avait procédé à la construction d'une digue pour détourner l'eau de son cours naturel à travers un canal peu large qui devait l'acheminer vers les jardins en question sur une longueur de plus de 1500m.

Le canal traversait plusieurs parcelles de terre qui bénéficiaient de l'arrosage des arbres et des plantes potagères. Les travaux d'entretien du canal étaient faits par les différents propriétaires et bénéficiaires généralement à la fin du mois d'avril ou au début du mois de mai, selon la saison.

Le partage de l'eau se faisait selon l'importance des terres traversées. L'eau coulait 24 h sur 24 h et les travaux d'irrigation se faisaient de jour comme de nuit. Celui qui bénéficiait de 2 heures de temps pour irriguer sa parcelle de jour, de 13h à 15h, interviendra la semaine suivante de 1h à 3 heures du matin en utilisant une lampe pour l'éclairage. Astuce géniale ! C'était aussi une façon d'utiliser correctement la ressource en eau pour produire tous les fruits et légumes dont les familles avaient besoin.

  Dans ces vergers et jardins, on récoltait de très bonnes grenades en quantité suffisante et de qualité supérieure. Par ailleurs, les propriétaires de ces jardins n'étaient pas les seuls à en bénéficier des fruits récoltés ; bien au contraire, tous les habitants du village recevaient une part au moment de la récolte.

Qu'en est il aujourd'hui ? Les jardins en question sont à l'abandon. C'est bien dommage, car ce qui était possible il y a 50 ans, avec des instruments rudimentaires, ne l'est plus aujourd'hui malgré les moyens modernes dont on dispose.

  Auteur : Rachid Sebbah

Lemroudj renommé pour ses figues

Il n'y a pas si longtemps, Lemroudj et sa région étaient un grand réservoir de figues sèches dont une grande partie était exportée vers l'Europe.

A l'époque, Lemroudj était parsemé de vergers de figuiers. Une partie de la production était consommée sous forme de figues fraîches durant la période d'automne et le reste était séché puis trié suivant les différents calibres.

Thazarth, en kabyle, signifie les figues sèches. Tazarth est au pluriel ; il  n'a pas de singulier en kabyle. En revanche iffassassen ou ihvouvane synonymes de Thazart est pluriel et son singulier est affassas.

Les figues sèches de premier choix (Thaamriwath) étaient destinées en quasi-totalité à l'exportation. Les figues sèches de deuxième choix (Thaoulith) étaient orientées essentiellement vers la consommation locale des producteurs eux-mêmes et le troc avec d'autres produits vivriers tels que le blé, l'orge, l es dattes, les navets. Les figues sèches de troisième choix (Thakhabouchth) servaient à l'alimentation du bétail.

Les revenus rapportés par la vente de figues sèches étaient importants pour les familles ; une partie non négligeable servait à s'acquitter des lourds impôts imposés par l'administration coloniale.

A la fin de l'automne, les figues commencent à se faire rares sur les arbres et les toutes dernières (2 ou 3 par arbre) sont appelées Iloughma ; elles sont à moitié fraîches (fanées). Ces dernières figues sont très recherchées notamment par les jeunes qui les font tomber en  lançant des pierres  dans leur direction car elles sont très sucrées.

Les variétés de figues sont très nombreuses ; on peut citer à titre d'exemples :

-          Thaamriwath, de couleur verte tournant vers le jaune en phase de maturation. Ces figues sèches de premier  choix étaient généralement destinées à l'exportation comme il a été expliqué plus haut.

-          Azagouagh (rouge), appelé aussi Averkane (noir), est une variété de couleur tournant vers le noir. Cette variété est destinée à la consommation sous forme de figues fraîches.  Le surplus est séché, puis trié en trois catégorie. Le premier choix est destiné à la vente, le second à la consommation familiale et le troisième à nourrir le bétail.

-          Azandjar (rougeâtre), ressemble à la variété Azagouagh mais diffère par son goût ainsi que par sa forme. Les figues de cette variété peut se manger fraîche, mais on les préfère sèches parce qu'en raison de qualité supérieure elles sont très prisées.

 -          Thahayounet est une variété de couleur jaune dont les figues se mangent fraîches. Elles sont sucrées. Les figues sèches sont soit consommées localement ou remises au bétail ; elles ne sont pas commercialisables.

-          Elghoudani est une variété dont les figues sont noires et petites. Elles se mangent fraîches. Leur goût est différent des autres variétés.

-          Lamaalla, variété de couleur noirâtre mais peu sucrée. Ces figues se mangent fraîches.

-          Thahadjat, figues de couleur noire, petites et précoces.

-          Azegza, figues de couleur verte

-          Thaghawaouth, figues précoces, petites et de couleur verte.

De nos jours, la production de figues a beaucoup régressé car il reste très peu de figuiers et de ce fait les résidants du village n'arrivent pas à produire la quantité nécessaire à la couverture de leurs propres besoins.

 Les figues ne sont plus exportées ; au contraire, sur les étalages des magasins d'alimentation on retrouve des figues sèches importées notamment de Syrie.

 Est-ce que la terre de ce village n'est plus fertile pour donner autant de figues, en  quantité et en qualité, comme c'était le cas par le passé ? Certainement pas ; car les moyens existants aujourd'hui sont nettement plus importants et plus efficaces que ceux utilisés par nos ancêtres. Ce qui manque le plus c'est le savoir faire en la matière, la volonté et une attention particulière à ce produit qui est très riche en calories.

 La culture du figuier ne demande pas des connaissances particulières de très haut niveau, les terrains de Lemroudj et de sa région s'y prêtent beaucoup pour l'arboriculture de montagne surtout le figuier et l'olivier.

 Le figuier et l'olivier sont deux arbres symboles de la région de Lemroudj. Il est nécessaire que de nouvelles plantations de figuiers soient entreprises par les habitants de ce village et de ceux avoisinants avant qu'il ne soit trop tard ; car si l'on continue à négliger cet arbre et à ne pas renouveler ceux existants, viendrait le jour où l'on assistera à sa disparition totale.

 La sonnette d'alarme est tirée ; plantons le maximum de figuiers pour produire autant de figues sèches que par le passé, sinon davantage. Le défi est réalisable pour peu qu'il y ait un minimum de volonté et de prise de conscience du danger encouru aujourd'hui pour le figuier.

  Auteur : Rachid Sebbah

Cueillette des olives

 La cueillette des olives se fait généralement à partir de novembre ; mais pour les connaisseurs, le meilleur moment intervient à compter du 25 décembre de chaque année.

En Kabylie, la cueillette des olives a son charme d'autant plus que le travail se fait collectivement. D'ailleurs, on dit que la cueillette des olives nécessite une main d'œuvre nombreuse.

 Généralement, le moment venu, tous les membres de la famille, parfois aidés par les voisins et les proches, se mettent à pied d'œuvre pour ramasser les olives avant que les eaux de pluies ne les emportent.

Lors de la cueillette des olives, les repas de midi sont pris en plein air ; on éprouve beaucoup de plaisir à manger sous un olivier, surtout lorsqu'il y a du soleil. Peu importe la consistance du repas, mais on a meilleur appétit !

Parfois, on prépare le repas sur place en allumant du feu. Quelle ambiance ! 

  Auteur : Rachid Sebbah

L'élevage

Parallèlement aux travaux agricoles de type culture du blé et de l'orge, arboriculture, cultures maraîchères, l'élevage était une activité importante.

 Quel genre d'élevage existait à Lemroudj dans le passé et qu'en est il aujourd'hui ?

Dans le passé, chaque famille disposait d'une vache, de quelques chèvres ou de brebis pour assurer la couverture de leurs besoins en lait et dérivés (petit lait, beurre, crème fraîche) ainsi qu'en viande blanche et en viande rouge.

On y retrouvait également l'élevage de bœufs nécessaires pour les labours des champs et les battages traditionnels de blé et d'orge. On élevait aussi des ânes, des mulets et des chevaux notamment pour les utiliser comme moyens de transport ou de traction.

L'élevage de poules était présent dans toutes les familles ; il permettait de produire de la viande blanche et les œufs nécessaires à la consommation locale.

Enfin, venait en dernier ressort l'élevage d'abeilles pour la production de miel. Il se faisait d'une manière très archaïque par rapport aux techniques utilisées de nos  jours. 

Qu'en est-il de ces élevages à l'heure actuelle ?

Le constat est très amer ; on enregistre une tendance à la disparition de l'élevage en tant qu'activité économique.

En effet, très peu de familles possèdent une vache, des chèvres ou encore des brebis ; plus de 90 % de la population a recours aux laits en sachets produits par les usines (lait en poudre ou lait à base de poudre). En revanche, un autre type d'élevage de vaches et de bœufs a fait le jour. C'est un investissement dans la production de bovins surtout pour fournir de la viande rouge. Ces éleveurs disposent d'écuries suffisamment spacieuses et comme aliments, ils utilisent du concentré, de l'avoine, de la paille, etc) ; c'est d'ailleurs ce qui explique que les coûts de production sont relativement élevés. Alors que par le passé, les éleveurs n'achetaient rien ; ils utilisaient leur propre avoine, la paille provenant de leurs moissons battage, les feuilles de cèdres, de peupliers, de figuiers, les fourrages de saison etc.

Les bœufs servant aux labours des champs ont complètement disparu du village Lemroudj ; en cas de besoin il est fait appel à ceux des villages avoisinants ou bien on utilise le tracteur et la moissonneuse batteuse.

On dénombre aussi très peu d'ânes encore utilisés par les agriculteurs. En revanche on ne voit plus de chevaux ni de mulets.

En ce qui concerne l'élevage d'abeilles pour la production de miel, avec les techniques connues de nos jours et l'aide des services agricoles, il s'est développé davantage. Il est appelé à prospérer encore plus dans les années avenir surtout qu'il s'agit d'un travail passionnant qui ne demande pas beaucoup de moyens et d'effort mais qui peut rapporter beaucoup lorsque la saison est bonne.

  Auteur : Rachid Sebbah

Thamagra

Thamgra en kabyle, signifie Moissons. Ces dernières se faisaient à la faucille (Amgar en kabyle) durant la période estivale. Les moissonneurs sont appelés Imchartane en kabyle (Imcharti au singulier).

Le moissonneur fauchait le blé ou l'orge avec la faucille en portant un tablier en peau de mouton appelé en kabyle Thavanta.  En fauchant le blé ou l'orge, il formait de petites bottes appelées en kabyle Thadhliwines (Thadhla au singulier). Ces dernières étaient étalées sur le champ moissonné, au fur et à mesure que les moissonneurs avançaient.

Derrière l'équipe de moissonneurs suivait un ouvrier appelé Adharaa dont la mission était de rassembler les bottes de blé ou d'orge en paquets de 12 unités chacun pour faciliter leurs placement dans un filet de corde appelé Thaalafth tissé spécialement pour être utilisé dans le transport des gerbes vers le terrain où aura lieu le battage  (Assarouath en kabyle).Le transport se faisait à dos de mulet ou d'âne.

Le terrain de battage du blé et de l'orge ou de fèves sèches s'appelle Annar en kabyle. L'emplacement de ce dernier était  choisi en fonction de la force des vents et de leur orientation en période de battage.

Annar disposait de surface suffisante aux environs immédiats pour l'entrepôt des gerbes de blé ou d'orge en attendant de les battre.

Annar, c'était un petit terrain plat ou aplati dont la surface était traitée avec la  bouse de vache à la veille du début du battage afin de le rendre lisse et sans poussière. Cette opération est appelée attarra en kabyle. Une fois traité, le terrain devenait utilisable pour le battage.

L'opération de battage (Assarouath), se faisait traditionnellement en utilisant un attelage de mulets, d'ânes ou de bœufs. Les gerbes de blés ou d'orges,  stockées dans les alentours immédiats du terrain, étaient jetées sur ce dernier à l'aide de herses en bois ou en fer appelées Thouzar en kabyle (Thazarth au singulier). Puis, sur toute la surface d'Annar, on étalait les gerbes avant de procéder à l'attelage d'animaux domestiques utilisés dans l'opération de battage.

On faisait alors tourner l'attelage sur les gerbes de blé ou d'orge dans un sens pendant un certain temps puis dans un autre pendant qu'un autre ouvrier muni d'une herse remettait sur le tapis de paille et de céréales les épies rejetées vers l'extérieur du cercle formé par l'opération de battage.

Cette opération durait pratiquement toute la matinée. Une fois les grains séparés de la paille et que cette dernière était suffisamment déchiquetée, on libérait les animaux domestiques utilisés et on les dirigeait vers la fontaine la plus proche pour les faire abreuver avant de les lâcher en pâture. A ce moment précis, les enfants montaient sur les ânes et les mulets pour les emmener à la fontaine.

Pendant que les animaux mangeaient de l'herbe ou du foin dans les alentours, à l'aide de herses, les ouvriers chargés du battage rassemblaient la paille mélangée aux grains pour procéder à leur séparation. Cette opération était appelée Azouzzar (soufflage) à l'aide de herses d'abord et d'un genre de pelle en bois appelée en kabyle Ellouh.

La phase finale appelée en kabyle Assaffa, consistait, à l'aide de Ellouh, à prendre les restes de paille et les grains et de les jeter vers le haut (environs 2 m) pour que le vent qui soufflait puisse faire la séparation ; les grains retombaient presque horizontalement et les restes de paille étaient entraînés un peu plus loin (2 à 3 m). Ce manège se répétait jusqu'à la séparation totale des grains des restes de la paille. Lorsque le vent souffle  bien les fellahs l'appellent laoun qui signifie aide.

Puis on procédait au tamisage pour obtenir des grains sans débris de paille. On utilisait alors un grand tamis de près de 80 cm de diamètre appelé en kabyle Agharval nou saffa.

Une fois la journée terminée, les grains récoltés étaient immédiatement rapatriés vers la maison et la paille était soit transportée vers un autre lieu au fur et à mesure, soit dégagée sur le côté en attendant de  finir les battages pour la stocker sur les lieux en formant une grande hutte  ayant la forme d'une maison appelée en kabyle Athamou walim.

La grande hutte était recouverte de feuillage d'une plante appelée en kabyle Thilouguith et du feuillage d'une autre plante appelée en kabyle Idhlas afin d'éviter la pénétration des eaux de pluies surtout en hiver.

Quant aux grains  récoltés et entreposés à la maison, avant de les stocker définitivement, à l'aide d'un double décalitre, on mesurait leur volume global puis on déterminait la part à distribuer aux pauvres et aux démunis. Cette part est appelée Laachour (soit 1/10 de la récolte).

Le reste des grains était stockés selon les moyens de chacun. On utilisait des jarres en terre cuite de grande  capacité appelées en kabyle Ikhoufane (Akoufi au singulier). Les petites jarres étaient plutôt utilisées pour le stockage de farine, de figues, de fèves etc. On les appelait Thikoufathine (thakoufith au singulier)

Pour le stockage de grains de blé on utilisait également des fosses creusées sous terrain appelées en kabyle Thisrafine (Thasrafth au singulier). Cependant, une partie des grains stockés dans les fosses souterraines était souvent atteinte de moisissure et devenait presque impropre à la consommation ; ces grains s'appelaient Allaghane. Leur couleur tournait vers le noir.

De nos jours, les choses ont beaucoup changé ; certains terrains de battage existent encore mais on n'utilise plus le procédé traditionnel ; les agriculteurs ont recours aux moyens mécaniques modernes. Des terrains de battage ont complètement changé de destination. Certains ont été utilisés comme assiette foncière pour construire dessus, d'autres sont cultivés, etc.

 Actuellement la production de blé et d'orge est tellement faible que le problème de stockage ne se pose plus. Désormais, les habitants du village s'alimentent en semoule auprès des différents magasins de la localité.

  Auteur : Rachid Sebbah

Ajemaa (paturage collectif)

L'élevage de chèvres et de brebis était une activité complémentaire à l'agriculture de campagne. Au village Lemroudj, presque toutes les familles possédaient chacune au moins une chèvre ou une brebis pour produire le lait dont elles avaient besoin. Les plus privilégiés  possédaient des vaches laitières.

 S'occuper d'une chèvre ou d'une brebis demandait beaucoup de temps pour un rendement très faible. Aussi, on recourait à la formule de pâturage collectif qui consistait à rassembler toutes les chèvres et brebis pour les faire garder par un ou deux bergers pendant le pâturage. On  appelait cela Ajamaa nou maiz.

  La garde du troupeau collectif se faisait à tour de rôle à raison d'une journée par tête de chèvre ou brebis. Ou bien on payait un ou deux bergers pour s'en occuper ; les frais étaient répartis au prorata du nombre de têtes de chèvres ou de brebis possédé par chaque famille.

A noter que l'adhésion à cette formule se faisait librement. Les familles qui possédaient suffisamment de têtes s'en occupaient elles mêmes ; le berger était soit un membre de la famille ou un ouvrier payé en nature ou en espèce.

De nos jours, au village Lemroudj, on n'a plus recours à cette formule. Ceux qui possèdent une ou deux chèvres s'en occupent eux-mêmes et ceux qui en ont beaucoup sont généralement des éleveurs professionnels, gardent eux mêmes le troupeau ou emploient un berger pour cette besogne quotidienne.

  Auteur : Rachid Sebbah

La culture de la verveine à Lemroudj

 La verveine est une plante qui pousse bien à Lemroudj et donne de bons résultats.

La plantation de la verveine est facile, car il suffit de se procurer des tiges de celle-ci entre février et avril, de les piquer dans la terre (environ deux tiers sous terre et un tiers au dessus de la terre), de bien les arroser immédiatement après. Les plants de verveine sont gourmands en eau.

La verveine se plante dans des pots lorsqu'on ne dispose pas de terrain ou pour l'utiliser comme plante d'ornement. Dans le cas contraire, il est préférable de la planter comme du piment ou de la tomate (en rigoles) ou dans des trous de 30 à 50 cm de diamètre et distant d'autant l'un de l'autre en faisant en sorte que l'arrosage soit facile.

Les feuilles de verveine récolées en période d'été et au début de l'automne sont mises à sécher à l'abri et stockées dans des contenants hermétiques pour garder intacte toute leur bonne odeur.

La verveine est très demandée notamment pour les malades. Elle est aussi largement consommée dans les foyers et les cafés. Le développement de sa culture peut procurer du travail et des revenus financiers non négligeables.

  Auteur : Rachid Sebbah

Récolte oléicole de la campagne 2010/2011

Les résultats obtenus varient d'une année à une autre. Il y a des années où la production oléicole est plus que bonne et il y a des années où elle moins bonne.

Qu'en est-il pour la production des olives de la campagne 2010/2011 ? De l'avis de tous les agriculteurs rencontrés, la production est nettement meilleure que celle de l'an dernier. Il y a même des fellahs qui ont beaucoup d'oliviers et qui n'ont pratiquement rien récolté l'année passée.

Nous avons questionné de vieux connaisseurs en matière d'olives, ils nous ont répondu que la production des olives est conditionnée par plusieurs facteurs, notamment l'entretien de l'olivier (binage et taille), le degré d'arrosage naturel et surtout le temps qu'il fait au moment de la fleuraison.

En effet, semble-t-il, en période de fleuraison (fin avril, début mai de chaque année), l'olivier préfère un climat doux, ensoleillé, sans brume. Dans le cas contraire, les fleurs tomberaient prématurément et de ce fait la quantité d'olives qui arriverait à maturité serait faible.

Les vieux questionnés ont ajouté que le rendement en terme d'huile est souvent meilleur lorsque la quantité d'olives récoltée est faible. A quoi cela serait-il du ? Est-ce parce que la cueillette se fait tardivement et les olives sont plus mûres ? Logiquement oui.

Mais, ces avis qui découlent de l'expérience des uns et des autres et des observations faites au fil des années doivent êtres vérifiées par nos experts en oléiculture, surtout les chercheurs des universités implantées dans les régions où l'olivier est présent en grande quantité, notamment en Kabylie. Ces chercheurs devront s'intéresser aux différentes espèces d'oliviers, à leurs exigences biologiques et leurs rendements en termes de quantité d'olives et d'huile.

 En attendant, les résultats de laboratoire et leur mise en pratique, il est aussi urgent de renouveler les oliveraies en procédant à la taille de rajeunissement des oliviers qui le permettent, à l'arrachage des vieux arbres devenus improductifs et à leur remplacement par d'autres plus jeunes, à la plantation de nouveaux arbres, en les entretenant correctement et régulièrement.  Le choix de l'espèce et du terrain compatible, le suivi rigoureux de la nouvelle plantation, la taille et le binage sont autant de facteurs indispensables pour réussir à améliorer la production et les rendements oléicoles en Algérie.

  Auteur : Rachid Sebbah

Labours avec les boeufs

Il n'y a pas longtemps, beaucoup de familles de Lemroudj possédaient au moins une paire de boeufs et tous les accessoires notamment la charrue en bois pour labourer leurs terres et celles des voisins.

Ce moyen si traditionnel était très adapté à la nature accidenté du terrain de la région. Le recours au tracteur est une chose très récente (son introduction remonte aux années 1970).

Aujourd'hui, on dénombre seulement deux paires de boeufs pour toute la commune Draa Kébila dont dépend Lemroudj ; l'une se trouve à Bouzelatène, l'autre à Ithaali Ouathmane.

Le coût de l'entretien d'une paire de boeufs est tellement lourd pour les propriétaires que ces derniers sont amenés à pratiquer des prix hors de portée des petites bourses des paysans.


Dans le cadre des programmes de renouveau rural, ne serait-il pas possible de revoir cette question et de faire en sorte que l'Etat subventionne ce genre d'activités tant utiles pour maintenir les populations sur les lieux et leur permettre de vivre des produits tirés de leurs terres.


Nous sommes convaincus que la réintroduction des moyens traditionnels pourra sans doute contribuer à faire travailler toutes les terres, à réduire le recours à la jachère et surtout à donner de l'emploi productif. N'oublions pas que l'agriculture est généralement le secteur qui utilise plus de main d'oeuvre.

  Auteur : Rachid Sebbah

La taille de l'olivier est indispensable

'olivier est un arbre bien adapté au climat méditerranéen. C'est aussi un arbre qui pousse bien en Kabylie (Algérie). Cependant, certains agriculteurs ont tendance à négliger l'entretien des oliviers et par conséquent, la récolte baisse d'année en année.

Aussi, la taille est une opération indispensable tant pour le rajeunissement des oliviers âgés que pour l'entretien des plus jeunes.

La taille de rajeunissement consiste à couper au niveau des troncs de façon à permettre la poussée de nouvelles branches, qui, dans trois à cinq années, produiront plus d'olives et par conséquent donneront davantage d'huile.

Cette taille s'opère sur les oliviers qui ont tendance à vieillir et dont la récolte ne cesse de s'amenuiser d'année en année.

Quant à la taille d'entretien, elle se fait chaque année à l'occasion de la récolte des olives ou juste après. Elle consiste à débroussailler les oliviers en leur enlevant les branches mortes et celles qui empêchent l'aération et l'ensoleillement, de sorte à permettre une meilleure production d'olives et d'huile.  

Si à la taille on associe le binage de la terre pour permettre à l'eau de pluie de s'infiltrer progressivement en période d'hiver, les oliviers se porteront encore mieux et produiront davantage.

  Auteur : Rachid Sebbah

Eclairage public

 Outre le raccordement de tous les foyers au réseau électrique, tous les villages de la commune Draakébila sont tous éclairés de nuit de sorte à permettre aux citoyens de circuler aisément dans les différentes ruelles.

Le réseau électrique existe dans ces villages depuis plus de vingt ans. Toutefois, certaines nouvelles habitations quelques peu en retrait viennent de bénéficier d'un raccordement au réseau électrique. Cette action a nécessité des investissements de la part de Sonelgaz et des pouvoirs publics.

A noter que l'avènement de l'électricité dans les foyers a beaucoup amélioré les conditions de vie des citoyens de la commune en termes d'éclairage et de force motrice.

Autrefois, l'éclairage des foyers se faisait avec des lampes à pétrole puis par des bougies. Maintenant, l'électricité est partout. Outres, l'éclairage, les citoyens l'utilisent dans la vie courante pour faire fonctionner les différents appareils qui nécessitent de l'énergie électrique tels que : frigo, congélateur, séchoir, micro ondes, micro ordinateur, fer à repasser, etc.

L'arrivée de l'électricité a permis la création de plusieurs activités économiques dans ces villages implantés en zone rurale. Il s'agit notamment d'ateliers de confection de vêtements, de mécanique, de menuiserie, de soudure, etc. A cela s'ajoute également l'ouverture de cafés, de services multiples et de magasins.

En d'autres termes, avec l'électricité, les citoyens voient plus claire et travaillent aisément. Avec l'arrivée du gaz qui est annoncée pour bientôt, les conditions vont s'améliorer davantage.

  Auteur : Rachid Sebbah

La confection d'habillement, activité dominante à Lemroudj

A Lemroudj, les ateliers de confection de vêtements sont nombreux et la plupart des jeunes y travaillent dans ce secteur. Cette activité serait à l'origine de la prospérité du village.

Vers les années cinquante du vingtième siècle, il y avait des couturiers et des couturières à Lemroudj. Ils confectionnaient des vêtements traditionnels sur mesure, à la demande des citoyens. Les hommes s'occupaient de vêtements masculins et les femmes de vêtements féminins, notamment les trousseaux de demoiselle dont la fête de mariage était proche.

Toutefois, à la fin des années soixante du siècle dernier, des jeunes du village sont partis travailler ailleurs ; la majorité ont émigré vers la France et le reste surtout vers Alger. Beaucoup d'entre eux on travaillé dans le secteur de la confection de vêtements.

A leur retour au village, ils ont ramené leur expérience et des fonds. Beaucoup d'entre eux se sont lancés dans la confection de vêtements prêt-à-porter destinés à être écoulés en grande quantité sur le marché (local voire même pour l'exportation).

Certains ont ouvert des ateliers de confection avec leurs propres moyens financiers et matériels. D'autres se sont associés à des proches ou à des voisins pour ouvrir un atelier de confection capable de produire suffisamment tout en étant concurrentiel.

Il y a même des émigrés qui ont investi dans ce secteur sans être du métier.

Ces investissements ont permis la création de centaines d'emplois tant pour les jeunes du village que pour ceux des villages voisins. Ils ont aussi contribué à couvrir en partie les besoins du marché national. Les bénéfices réalisés ont donné lieu à la création d'autres activités au sein du village (cafés, restaurants, ateliers de maintenance mécanique, ateliers de soudure, entreprises de bâtiment et de travaux publics, magasins d'alimentation générale et multi services).

Cependant, le secteur a eu un effet très négatif sur l'avenir des jeunes puisque nombreux sont ceux qui ont quitté prématurément l'école pour s'adonner à l'activité de confection de vêtements. D'autres jeunes sont très peu intéressés par le parcours scolaire, leurs résultats sont de plus en plus médiocres. Ces jeunes comptent beaucoup s'incérer dans les ateliers de confection et ignorent complètement l'utilité de l'enseignement général et encore moins celle de la formation professionnelle.

En fin de compte, le secteur de la confection contribue beaucoup au désintéressement des jeunes garçons de leur cursus scolaire, une fois renvoyés de l'école, ils sont rapidement versés dans cette spécialité sans se soucier de leur formation professionnelle. Par ailleurs, en cas de crise de surproduction dans le secteur, c'est la majorité des travailleurs qui se retrouvent au chômage pour plusieurs jours. Leurs familles en ressentent l'effet durement puisque beaucoup d'entre eux ne sont pas affiliés au régime de sécurité sociale. Le bonheur des uns fait le malheur des autres.

  Auteur : Rachid Sebbah

Le métier de poterie tend à disparaitre à Lemroudj

 Autrefois, toutes les femmes de Lemroudj maîtrisaient  parfaitement les techniques de la poterie traditionnelle. Les vieilles dames ayant appris le métier auprès de leurs mères ou de leurs voisines le transmettaient à leurs filles bien avant qu'elles ne se marient.

Chaque maîtresse de maison fabriquait elle-même les ustensiles dont elle avait besoin pour équiper son foyer. Pour cela, elle ramenait la terre d'argile nécessaire.

Souvent, le gisement de terre d'argile se trouvait près du village et toutes les femmes s'y approvisionnaient en allant par petits groupes. Elles emmenaient avec elles de petites pioches ou binettes pour creuser et faire sortir la terre d'argile. Cette dernière était transportée à la maison en utilisant un contenant appelé en kabyle 'Thakaffachth' faite avec de l'alfa.

Une fois l'argile brute arrivée à la maison, les femmes l'effritaient en utilisant une massue en bois. L'argile en poudre passait par un tamis pour lui enlever tous les détritus.

L'argile était ensuite  versée dans un contenant en y ajoutant de l'eau avant de procéder à son malaxage pour obtenir la pâte nécessaire à la confection d'objets tels que les ustensiles, Ikkoufane (akkoufi au singulier), etc.

Avant de commencer la réalisation d'un objet, la femme choisissait une pierre plate ou un objet plat fait d'argile, appelé en kabyle 'amadhoune' pour servir de plateforme. Ce dernier avait la forme d'un disque de 50 à 60 cm de diamètre et de 3 à 4 cm d'épaisseur. Il était utilisé aussi et surtout comme dessous ou comme couvert de jarre faite d'argile appelée en kabyle 'Akkoufi' ou 'Thakkoufith'.

Avec la pâte d'argile, les femmes fabriquaient divers ustensiles tels que les assiettes (Thitavsiyine), Thirvoyines (Tharvoyth au singulier), Ivoukalène (Avoukal au singulier), thivakiyine (Thavakith au singulier), Ivofrohane (vofrah au singulier), Thichouyine (Thachouyth au singulier),etc.

La fabrication des ces objets nécessitait beaucoup de patience de la part des femmes. Car le processus passait par plusieurs phases : la préparation de la terre et de la pâte d'argile, la confection des objets, la mise à la cuisson et enfin la décoration.

 Pour la cuisson des objets fabriqués, les femmes préparaient un grand feu avec 'Thimargha' (de la bouzze de vache séchée) et les bûches de bois. Une fois le feu éteint, les objets refroidis étaient retirés un par un avec beaucoup de précaution afin d'éviter la casse.

La décoration simple et originale de chaque objet avec des teintes locales fabriquées par les femmes elles mêmes achevait le processus de fabrication artisanal.

A travers le travail de l'argile et de la laine et leur participation aux travaux des champs, les femmes d'antan se sont distinguées en montrant de quoi elles étaient capables.

Non seulement elles participaient à la production de biens et services dont leurs foyers avaient besoin, elles transmettaient les métiers à leurs filles pour assurer la relève d'autant plus qu'à l'époque il n'y avait pas d'école au village.

De nos jours, au village Lemroudj, à l'instar de beaucoup de métiers féminins, celui de la poterie a tendance à disparaitre et beaucoup de femmes ne gardent qu'un vague souvenir.

Certes les femmes de Lemroudj peuvent acheter tous les ustensiles dans les magasins mais la poterie locale aurait pu servir à alimenter le marché d'objets traditionnels dans le domaine touristique. C'est un créneau porteur d'emplois pour peu que l'on s'y intéresse.

  Auteur : Rachid Sebbah

Le gaz naturel pour bientôt

Longtemps attendu, l'arrivée du gaz naturel à Lemroudj est pour bientôt. C'est ce qui ressort de la dernière visite de travail effectuée par Monsieur le Wali de la Wilaya de Sétif le 15 juin 2009.

En effet, les travaux de réalisation de la ligne principale devant alimenter la daira de Béni Ourtilane vont bon train. La tuyauterie est posée au fur et à mesure que les travaux de réalisation de la piste avancent.


Le raccordement au gaz naturel est un évènement très important pour les habitants de cette région qui ont beaucoup souffert de la rigueur des hivers et des frais induits notamment par la consommation de fuel pour se chauffer.

Certes, le mazout arrivait à destination grâce à un camion citerne mais il y a des gens qui n'ont pas les moyens pour payer le prix élevé de ce produit. A cela s'ajoute les ruptures de stocks de gaz butane en période d'hiver.


Avec le gaz naturel, les avantages ne sont plus à démontrer : disponibilité à longueur d'année, prix accessible, produit propre et non polluant, couvre tant le chauffage que les besoins de cuisiner.


Enfin, la concrétisation de ce projet est à l'honneur des responsables et fera le bonheur des utilisateurs de la commune Draa Kébila dont Lemroudj dépend.

  Auteur : Rachid Sebbah

Travaux en cours de réalisation au titre du programme 2010

Au titre de l'exercice 2010, la commune de Draakébila a mis en chantier un certain nombre de projets dont voici quelques détails obtenus auprès de Monsieur le Président de l'APC :

-         Revêtement du chemin communal n° 110 à partir de Tizi Ouaghlad. Il s'agit d'un programme sectoriel entamé en 2009 dont les travaux se poursuivront en 2010. Ce projet vise l'amélioration des voies de circulation à travers la commune.

-         Réhabilitation et revêtement du chemin Lemhasser et Ighil Isli à Thazagarth. Le projet porte sur deux (2) kilomètres dont les travaux seront lancés très bientôt. L'objectif visé est de faciliter l'accès et le désenclavement de toutes les localités quelques soit leur taille.

 -         Inscription d'une cantine scolaire au profit des élèves de l'école de Ouled Ali avec une capacité de 200 rations par jour. L'étude et les travaux seront lancés très bientôt. Cette infrastructure permettra aux élèves de prendre un repas chaud à l'école et leur éviter ainsi le va et vient à midi ou de manger chez un gargotier.

-         Mise en service du réseau informatique pour la délivrance des actes de naissances, de décès et de mariage. Cette action va permettre à l'administration communale d'améliorer très nettement ses services envers les citoyens en matière d'état civil : réduction du temps d'attente, risque d'erreur réduit à zéro, écriture très claire, etc. D'autres pièces d'état civil seront également informatisées dans les prochains jours.

 -         Ouverture d'une nouvelle décharge publique à Aoussidhlès (Amtik Ntarzazth) au profit des villages Ouled Ali, Thazagarth et les agglomérations voisines. Cette décharge réduira les distances entre les usagers et le lieu où sont déchargées les ordures ménagères.

 -         Lancement du recensement des foyers susceptibles d'être alimentés en gaz naturel. Les localités concernées au titre de la première tranche sont : Ouled Ali, Lemroudj et Thazagarth. Le nombre de foyers est estimé à 1200 pour les trois agglomérations. Les travaux de réalisation du réseau de distribution seront lancés vers le mois de mai 2010. L'objectif visé est l'amélioration des conditions de vie des citoyens en les dotant d'une source d'énergie propre et relativement mois chère par rapport au fuel et au gaz butane tout en leur évitant les pénuries et les tracasseries endurées par le passé.

 Pour rappel, dans ce blog, nous avons publié le bilan des réalisations de l'année 2009 et les perspectives de 2010 pour permettre aux citoyens de cette commune ainsi qu'aux internautes de suivre le développement de la commune Draakébila. Car, souvent, par ignorance des réalisations  et des programmes futurs projetés, le citoyen a tendance à minimiser l'importance du chemin parcouru.

Enfin, conscient de la charge qui pèse sur les épaules  des gestionnaires de cette commune, nous ne pouvons que les encourager à poursuivre cet élan afin que la différence entre la ville et la campagne s'amenuise ; ce qui facilitera la fixation des populations sur les lieux et l'arrêt de l'exode rural.

  Auteur : Rachid Sebbah

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